Jeûner, c’est facile?

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marée haute au Touquet (côte d’Opale)

Courant mars, j’ai jeûné pendant 6 jours et je me suis rendu compte que cette expérience suscitait beaucoup d’intérêt et de questions… j’aurais moi-même aimé lire des témoignages avant de me lancer, je me suis donc laissé facilement convaincre d’écrire un petit billet.

Pourquoi jeûner?

Depuis longtemps, j’avais envie de me lancer, et puis renseignement pris, un jeûne de 5 jours (durée raisonnable généralement conseillée quand on se lance seul et pour la 1ère fois) nécessite en fait 15 jours d’alimentation spécifique et avoir 3 semaines propices devant soi n’est pas facile. Il faut éviter les fêtes familiales, les déplacements etc…

Les raisons de jeûner pour moi étaient principalement des raisons de santé, souffrant de problèmes d’acidité (démangeaisons) que rien n’avait réussi à enrayer et désireuse d’améliorer ma perméabilité intestinale (et par conséquent réduire certaines intolérances alimentaires).

Comment jeûner?

Renseignements pris sur la toile ou dans des lectures, je me suis rendu compte que « les méthodes » étaient à peu près toutes semblables, ce qui est rassurant. Je me suis inscrite à un programme pour bénéficier de conseils personnalisés en cas de problèmes (auxquels je n’ai pas eu recours) et de conseils vidéos journaliers.

le préalable: la descente alimentaire

(il faut savoir qu’il y a un jargon du jeûne!)

Si on décide de jeûner 5 jours, il est conseillé de réduire progressivement son alimentation pendant 5 jours avant de commencer le jeûne proprement dit. On commence par éliminer les excitants (café et chocolat dans mon cas), puis les aliments transformés et industriels (je n’en consomme pas vraiment), le sucre, le gras, les protéines animales, les féculents. Le 5e jour, on finit par une alimentation végétale pure.

Mon ressenti: j’ai trouvé ce préalable assez pénible et presque frustrant, comme une impression de me mettre au régime (moi qui n’en n’ai à peu près jamais fait) et on a l’impression que cela ne sert à rien, j’avais envie de commencer vraiment le jeûne!

le jeûne en lui-même

En voici le détail jour par jour, car il y a vraiment une expérience propre à chaque jour, apparemment assez commune à l’ensemble des jeûneurs si on en croit ce qu’on peut lire.

On peut choisir de jeûner à l’eau (on ne mange rien), avec des jus ou des bouillons. Mon ostéopathe m’avait recommandé sa méthode, c’est à dire de prendre une soupe au déjeuner et le soir, une mini tartine de pain complet le matin avec du beurre pour que l’organisme ait tout ce qui lui faut.

Désireuse de continuer ma vie comme si de rien n’était, j’ai écouté ses conseils et me suis préparée sa fameuse soupe et été m’acheter du beurre cru!

Jour 1: on a faim! la sensation est plus forte au moment des repas et réapparaît de façon fugace un peu n’importe quand.

Pas de petit déjeuner, c’était un dimanche et ce jour là je vais généralement nager au saut du lit. J’avais pensé judicieux commencer le jeûne un jour de repos à la maison.

Déjeuner et dîner avec la soupe, que j’ai servi au dîner à toute la famille… pratique!

Recette de la soupe (il est conseillé de mixer grossièrement)

2 carottes, 1 morceau de potiron, 1 navet, 1 brocoli, 1 céleri branche, 2 patates douces, 1 botte de persil, 1 tomate

Jour 2: les choses sérieuses commencent…

Petit déjeuner avec la mini tartine (sans gluten) et le beurre cru m’écoeure. En revanche, c’est bien agréable de mastiquer.

Tisane car le thé vert fait partie des excitants, je m’en suis rendu compte à ce moment et suis passée aux tisanes (que je déteste!). Il est conseillé de boire des tisanes au thym (pour draîner le foie), entre autres.

Déjeuner et diner avec la soupe.

La sensation de faim est moins forte, mais réapparaît au moment des repas… et surtout, je me suis sentie presque comme avec un état grippal, petites courbatures dans le dos etc.

Je précise que le bruit atroce des voisins de mon immeuble (bébé hurlant la nuit en dessous de notre chambre) m’inflige une immense fatigue chronique… ajoutée au jeûne cela n’a pas facilité!

A partir de ce 2e jour, j’ai cessé de participer aux repas familiaux (bien que j’ai continué à tous les préparer et à faire les courses). La privation ne m’a pas manqué, une fois qu’on a décidé clairement de ne pas manger, on ne mange pas et je n’ai pas eu de d’envie de craquer.

J’ai été étonnée de voir comme mes mauvaises habitudes ne me manquaient pas (chocolat après les repas, finir sur une note sucrée).

On parle souvent de migraine ou de détoxification du corps le 2e jour, je n’ai rien remarqué. J’avais prévu de l’huile essentielle de menthe poivrée en massage sur les tempes, je l’ai d’ailleurs un peu utilisée.

Peut-être faut il que je précise que je pratique depuis longtemps ce qu’on appelle les bains dérivatifs (eau froide oui poches de gel sur le périnée) qui sont censés détoxifier le corps.

3e jour: la sensation un peu grippale, s’estompe, on sent bien en revanche qu’on n’a rien du tout dans le ventre.

J’ai noté une petite sensation de rhinite (très légère), il paraît que ce sont les poumons qui éliminent les toxines, eux-aussi.

Je suis allée faire ma natation, et me suis sentie un peu faiblarde au début et le ventre bien creux.

J’ai arrêté de prendre la soupe et la tartine car je n’en n’ai plus ressenti l’envie et suis passée aux bouillons de légumes.

Le but du jeûne étant de mettre les intestins au repos complet, j’ai trouvé plus logique de cesser cette soupe qui, en plus avait fini par me dégoûter un peu.

J’ai également reçu mes commandes de quelques produits qui m’ont énormément aidée pour ce jeûne:

  • le psyllium: très gélatineux dans de l’eau, permet de continuer à aller aux toilettes (sorry!). (trouvé sur http://www.psyllium.fr)
  • le pianto: il est conseillé d’en boire tout au long de la journée dans de l’eau, j’ai remarqué que cela m’aidait beaucoup à surmonter mon coup de barre de 17H (que je ressens aussi mais moins fortement bien sûr, en temps habituel)  ici Je trouve ça assez bon.
  • l’herbe de blé: pour faire le plein de minéraux et vitamines que l’alimentation n’apporte plus. Je l’ai un peu consommé mais avoue avoir trouvé son goût très désagréable (trouvée en magasin bio)

Les bouillons de légumes se font en faisant revenir une matière grasse (huiles végétales, huile de coco) avec des épices ou fines herbes, puis on ajoute des légumes variés et on laisse mijoter au moins une heure avant de filtrer. C’est bon, ensuite j’utilise les légumes pour la soupe familiale. On peut les varier en fonction du jour de jeûne pour apporter un soutien ciblé à l’organisme.

J’aurais bien aimé jeûner avec des jus (en été, cela doit être très agréable), mais notre centrifugeuse ne marche plus.

En hiver, c’est quand même plus normal de boire chaud.

Cela me fait penser que, quand on jeûne, on a froid! Logique… Je mettais donc un gros pull en plus au cours de la journée et me mettais au lit avec une bouillotte (voire 2: une pour le foie, une pour les pieds).

Je crois me souvenir que c’est au cours de ce 3e jour que j’ai commencé à ressentir que le coeur battait plus vite par moment. J’ai eu également plus de difficultés à me concentrer sur mon travail.

4e jour: le jeûne devient facile et agréable!

si, si! plus vraiment de sensation de faim, temps gagné sur les repas, impression de maîtriser son corps et de liberté.

Mes enfants, en revanche ont commencé à se plaindre de ne plus avoir leur mère à table!

Les odeurs s’exacerbent, on prend un réel plaisir à les humer dans la rue (notamment en passant devant une boulangerie!). On se nourrit avec délice en quelque sorte de ces senteurs.

J’ai été moi-même étonnée de ne pas ressentir spécialement de manque ou d’envie. On ne mange pas, on ne mange rien du tout, alors la question paraît presque saugrenue.

5e jour: j’ai même retrouvé de l’énergie.

La nourriture ne me manque pas, j’ai des ailes à la piscine… Je souriais intérieurement en doublant les autres nageurs en pensant que s’ils savaient que je n’avais rien mangé depuis 5 jours!

On dit qu’il faut faire du sport quand on jeûne pour éviter la fonte des muscles. J’ai juste continué mes activités habituelles.

Du point de vue de l’esprit, on se centre sur l’essentiel, je n’aurais pas pu aller faire du shopping par exemple. En même temps, on est bien avec soi-même, peut être que j’aurais pu aller dans un salon de beauté. On a envie de se délester du futile.

Il est conseillé aussi de s’immerger dans la nature. C’est vrai que j’aime toujours le contact avec la nature, j’en avais peut être encore plus besoin à ce moment mais difficile avec la vie parisienne.

6e jour: et oui, 6e jour! non prévu au départ mais je me sentais vraiment bien et ne voyais pas pourquoi ne pas continuer. Et puis j’avais lu qu’il pouvait être conseillé d’effectuer la rupture de jeûne (il y a des termes techniques et précis n’est ce pas) le soir pour offrir une nouvelle pause la nuit à l’organisme.

Je voyais aussi cette reprise de l’alimentation comme un moment festif et trouvais que le vendredi soir, en famille, était symbolique.

Par précaution, je n’ai pas souhaité continuer plus longtemps.

La reprise de l’alimentation

Ne vous imaginez pas que cocorico, on mange enfin en se jetant sur ce qui nous a le plus manqué!

Il faut recommencer tout doucement, pendant le même nombre de jours que la durée du jeûne en lui-même.

Je suis sure que vous vous demandez combien de kilos j’ai perdus! Et bien aucune idée car la balance familiale n’a plus de pile…

On dit qu’une femme perd 5% de son poids, j’ai sans doute perdu 4kg… que je n’ai pas entièrement repris à ce jour.

Le premier repas, entièrement composé de légumes crus (une belle salade composée quoi!) soigneusement choisis m’a paru délicieux … et rassasiant.

On réintroduit ensuite peu à peu les féculents, protéines etc….

C’est parfois un peu difficile car on a perdu ses repères et on ne sait plus trop si on a faim ou non, ce qu’on a envie de manger

J’ai été étonnée de garder quelques « bonnes habitudes »: le café ne me dit plus rien, je n’en bois quasiment plus (contre 1 tasse après le déjeuner, toujours, et parfois un décafféiné le soir). Ma consommation de chocolat s’est aussi drastiquement réduite.

Sur le plan de la santé: j’ai noté un mieux intestinal (digestion facilitée notamment) qui perdure à ce jour et un mieux immédiat hormonal.

Pour être honnête, pas réellement d’effet sur les démangeaisons.

J’ai remarqué qu’un repas ne devait pas forcément comporter des féculents pour être rassasiée et qu’il était très agréable de ne consommer que des végétaux (un peu difficile dans le contexte familial…)

Cette expérience m’a rappelé celle de l’allaitement: difficile à mettre en route puis extraordinaire une fois la routine installée.

J’aurais bien aimé jeûné dans un cadre établi (centre de jeûne) même si c’est une expérience très personnelle et finalement intime qui peut remuer des choses qu’on ne partagera pas avec des inconnus. On effectue un retour sur soi, c’est un temps que l’on s’accorde, j’en garde une nostalgie certaine.

On m’a conseillé de continuer avec des jeûnes intermittents (encore un temp savant), c’est à dire de pas s’alimenter du soir (dîner léger) jusqu’au lendemain 17 heures. Je l’ai fait une fois et compte le refaire, c’est vrai que ne pas manger a un petit côté reposant, voire pratique. En revanche, on ne retrouve pas le côté un peu « planant » du jeûne mais la sensation de faim, oui!

 Bilan donc très positif pour moi.

Je n’ai pas rencontré de grosses difficultés et ai pu concilier le jeûne avec ma vie habituelle.

Le bien-être corporel ressenti continue au delà du jeûne, peut être pas 4 mois comme j’avais pu le lire… C’est vraiment un temps que l’on s’accorde et je suis décidée à le faire désormais à chaque changement de saison (donc fin octobre et début mars).

On éprouve évidemment une certaine fierté d’avoir réussi et je suis convaincue, comme tant d’autres, des bienfaits physiques de la démarche. C’est extraordinaire de penser qu’on peut se faire du bien sans aucun médicament, mais de la façon la plus simple qui puisse exister, en cessant de s’alimenter.

Dernier conseil: écoutez-vous, ne lisez pas trop de livres sur le jeûne (on y trouve des faits qui font peur), faites la sourde oreille aux âmes charitables qui vont vous traiter de fou (folle).

Faites-vous plaisir! car finalement le jeûne est une période joyeuse, presque un peu festive de la vie.

Qu’en pensez vous?  (que vous ayez jeûné ou non)

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