Et si nos vêtements impactaient notre santé?

On me demande souvent « mais pourquoi est-il important de porter des vêtements biologiques? »

Je ne parlerais pas ici de l’aspect environnemental mais, plus égoïstement, si on peut dire, de l’aspect santé.

Oui, la peau est perméable… Oui, elle laisse passer des substances.

Notre peau est perméable

Les échanges de l’intérieur vers l’extérieur et vice-versa sont continus, preuve en est le mécanisme de transpiration ou bien, dans l’autre sens, l’application des crèmes de soin qui sont bien absorbées.

Le perméabilité de la peau est relative, la peau est chargée de faire barrière aux agents extérieurs nocifs, et cette perméabilité varient en fonction des différentes parties du corps, de l’âge. La couche superficielle de la peau s’appelle l’épiderme, vient ensuite le derme. Il faut savoir que le derme est très fortement vascularisé (10% environ du volume sanguin total).

La peau constitue ainsi une zone d’échange avec l’extérieur. C’est d’ailleurs le plus grand organe du corps humain.

Les vêtements regorgent de substances nocives

Quand le coton n’est pas bio, il est cultivé avec des pesticides dont on peut supposer qu’il reste des traces sur le vêtement.

Le fil subit de nombreux traitements chimiques et diverses étapes pour se transformer en tissu, qui lui-même est apprêté pour en renforcer les qualités (anti rétrécissement, imperméable, anti insectes…) et est teint. La teinture, réalisée en dehors d’Europe ne doit répondre à aucun critère (Reach, en Europe réglemente peu à peu les choses).

La viscose, soit-disant d’origine naturelle subit tellement de traitements pour arriver au tissu, qu’elle n’a plus rien de naturel.

Le polyester, l’acrylique, le polyamide sont tout simplement des dérivés pétrochimiques et finalement s’apparentent tout à fait au plastique. La fabrication du polyester implique généralement l’utilisation d’antimoine (hautement toxique) qu’on retrouve dans le produit fini; la réglementation n’interdit pas le recours à l’antimoine pour la fabrication du polyester.

La laine doit elle aussi être purifiée et traitée pour être exploitable.

Malheureusement, si le vêtement a été fabriqué en Europe, cela ne suffit pas à nous protéger, car certaines étapes peuvent avoir légalement été réalisées hors d’Europe où la législation est plus laxiste. La législation en cours en Europe est de toute façon encore très peu contraignante; par exemple rien n’est prévu au sujet de l’antimoine.

Toutes ces substances rentrent-elles dans notre organisme?

On parle d’absorption percutanée.

Difficile de répondre avec certitude dans le cas des vêtement! Une molécule, pour pouvoir être absorbée doit répondre à de nombreux critères, c’est ainsi qu’on développe des médicaments en patch; ceux-ci nécessitant de nombreux tests en labo, justement pour démontrer leur efficacité. Personne ne paye de test pour contrôler si les molécules chimiques des tissus rentrent dans notre organisme à travers la circulation sanguine.

La peau n’offrirait qu’un barrière relative et laisserait passer pratiquement toutes les substances.

En cas de peau lésée (trop sèche, abimée…), l’absorption des substances externes est logiquement accrue.

J’ai tendance à penser que ces vêtements relèguent aussi souvent des micro particules nocives dans l’air… que nous allons inhaler: il n’est pas saugrenu de penser que les tissus issus de la pétrochimie, sous l’action du frottement par exemple, relèguent des mini particules… de plastique donc. Les colorants et autres traitements doivent sûrement dégager quelque chose, que l’on sent parfois sur des vêtements neufs.

Je pense aussi que la plupart d’entre nous ont la peau de plus en plus sensible, les allergies, eczémas et réactions en tout genre sont de plus en plus fréquents, c’est un peu le cercle vicieux…

Greenpeace a tiré la sonnette d’alarme début 2014 car ont été retrouvées des substances hautement toxiques dans de nombreux vêtements (et chaussures), notamment pour enfants, quel que soit leur prix (colorants azoïques, solvants, métaux lourds…). Ces substances s’accumulent dans l’organisme et sont soupçonnées de provoquer des perturbations du système hormonal, elles sont aussi souvent cancérigènes.

Il est prouvé que les solvants pénètrent dans la peau (regardez les informations reportées sur les produits des magasins de bricolage, on recommande de porter des gants pour leur manipulation). Le processus de fabrication des tissus requièrent largement l’emploi de tension actifs (produits de lavage), par exemple après la filature, après la teinture…

La peau des bébés

Elle a pour caractéristique d’être immature, la peau de l’enfant sera comparable à celle de l’adulte vers l’âge de 10 ans. Elle est beaucoup plus fine, résiste moins bien aux infections, elle joue moins bien son rôle de barrière de protection.

Proportionnellement, sa surface est beaucoup plus importante par rapport à son poids que chez l’adulte, environ 3 fois supérieure. Toute substance active qui pénètre donc sera 3 fois plus concentrée que pour un adulte.

La peau d’un prématuré est encore plus fragile.

En conclusion, protéger les plus fragiles parait s’imposer, rechercher des vêtements à l’origine connue (politique de transparence des marques) aussi; pour être réellement tranquille, moi je recherche le bio ou le label oeko tex. Je traque la composition sur les étiquettes et refuse tout mélange contenant du polyester, acrylique, polyamide (pas facile!)

Qu’en pensez-vous?

Pour aller plus loin:

Green peace ici

absorption des solvants par la peau: ici

Liste des substances nocives dans les vêtements:Ici

La peau est perméable à pratiquement toutes les substances: ici 

3 réflexions sur “Et si nos vêtements impactaient notre santé?

  1. Je ne fais pas encore particulièrement attention aux vêtements, mais j’ai de toute manière un réflexe 100% coton grâce à ma mère. Récemment nous avons abandonné les couches jetables. Et plus récemment encore je me suis penchée sur la question des serviettes hygiéniques jetables. Je teste. Tu n’en parles pas (encore?) sur ton blog mais ton avis et expérience m’intéresse.
    Les produits que je préfèrent utilisent, pour certains, du PUL (polyester) pas au contact direct de la peau, mais je pense que c’est déjà moins nocifs que les versions jetables pleines de parfums et produits chimiques.

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