Que dire à une copine pour la convaincre d’allaiter?

IMG_2509 2Le titre est provocateur, je vous précise tout de suite que justement, il ne faut pas chercher à convaincre, quel que soit le sujet d’ailleurs. En revanche, donner une bonne information, aussi claire et objective que possible est très important.

Depuis longtemps, je voulais commencer une série de billets sur l’allaitement, et puis j’ai récemment discuté du sujet avec des amies qui attendent leur 1er bébé, et ma fille vient de m’envoyer un lien fort approprié vers un article du Figaro.

Il n’en fallait pas plus pour me lancer!

Quand j’attendais ma 1ère fille, on ne parlait pas d’allaitement comme aujourd’hui. C’était une possibilité, il fallait choisir entre biberons et sein, point. Ni mon gynéco, ni les cours de préparation à l’accouchement n’en parlait vraiment. Je n’avais pas d’amies déjà mère, pas d’exemple dans ma famille, sauf ma mère et ma belle mère qui me répétaient qu’elles n’avaient jamais eu de lait. Dans mon entourage proche donc, il n’y avait pas spécialement d’avis (négatifs ou positif) , juste une indifférence totale.

Je lisais les livres classiques comme Pernoud et les journaux type Parents, et étais arrivée à la sage conclusion, j’essaye, c’est mieux pour mon bébé, on verra bien.

Ah la la, comme je regrette que personne ne m’ait dit qu’un bébé pouvait être allaité jusqu’à 6 mois (au moins)… Cet allaitement s’est passé sans aucun problème, je ne me souviens d’aucun doute, d’aucune fatigue, d’aucune difficulté… Arrivée aux 3 mois de ma fille, je pensais qu’il fallait passer aux biberons et aux purées, c’est ce que j’ai fait. Je recommençais par ailleurs à travailler, l’enchainement me paraissait logique. A ce stade, la lactation chute, j’ai sûrement essayé de poursuivre les tétées matin et soir, sans grand succès. Là encore, je trouvais cela normal.

Voici maintenant, un résumé succinct de mon 6e allaitement: mené tambour battant et motivée à 150%, je n’ai jamais donné un seul biberon, ma fille n’a bu que mon lait jusqu’à ses 8 mois. Elle a enchainé sur la nourriture familiale. Elle s’est sevrée naturellement vers 2 ans et demi.

Bilan: une enfant qui a une santé de fer!!!

Avantages de l’allaitement

1- Voici mon 1er argument en faveur de l’allaitement: c’est le meilleur atout santé pour votre enfant.

(attention, il y a des enfants exceptionnels qui oublient d’être malades alors qu’ils ont été très peu allaités, d’autres qui sont souvent malades malgré l’allaitement)

Ma fille de 3 ans et 4 mois à ce jour a eu une angine lors de son 2e hiver, sûrement des gastro rapportées de ses aînés (mais très très éducolrées, et très rapides), quelques rhumes, je crois que c’est tout!

Bien sur, l’allaitement a été accompagné d’autres choses, type alimentation saine, dont je reparlerai.

Mes fils, allaités 3 mois et 8 mois (mais allaitement mixte) ont été malades en continuation, j’en suis restée traumatisée.

Très pragmatiquement, j’ai préféré pour mes 2 dernières filles sacrifier un peu ma vie privée la première année (pas envie de tenter le biberon même avec mon lait) et éviter le stress d’un bébé malade.

2- allaiter, c’est si pratique

Il faut avoir testé la différence: avec les biberons, sortir à l’extérieur exige une organisation certaine (il faut prévoir le nécessaire, le transporter, réchauffer les biberons), avec le sein, rien à prévoir! Partir les mains dans les poches ou presque procure une sensation de liberté assez jouissive!

3- allaiter c’est excellent pour la maman

Cela prolonge la relation maman bébé si intime de la grossesse, et cela procure un immense sentiment de fierté. On a nourri son bébé pendant 9 mois, l’allaitement est la suite naturelle et toute logique.

4- allaiter, cela évite de recourir aux laits artificiels et aux biberons

Quand on pense aux scandale du bisphénol A, quand on sait que le biberon en plastique, encore couramment vendu n’est pas bon pour la santé (j’en ai parlé ici), quand on lit la composition des boites de laits en poudre, quand on sait que le lait de vache est loin d’être la panacée… on est trop content d’allaiter. Sans compter le casse tête pour trouver le meilleur lait, le passage au lait de suite puis de croissance etc, de grands concepts inventés par des industriels masculins…

5- allaiter c’est économique

Quand en plus on utilise les couches lavables (ne me prenez pas pour une dingue, j’ai allaité ET utilisé les couches lavables sans effort particulier), on ne fait pas de course pour le bébé!

6- allaiter vous donne un alibi pour ne pas vous séparer de votre bébé

Surtout quand ce n’est pas votre 1er enfant, on vous incite à, laisser votre bébé « pour profiter », et les mamans, par peur de ridicule, s’exécutent, parfois le coeur gros.

Par contraste, j’ai trainé mes 2 dernières partout avec moi « j’allaite… », en particulier sur les salons professionnels qui durent toute la journée.

En revanche, cela ne m’a jamais empêché de pratiquer du sport (dès le 1er mois des filles, je suis retournée à la piscine), d’aller au restaurant avec mon mari dès les 1ers mois (bon, je suis honnête, restaurant au coin de la rue!!) etc.

7- allaiter développe de façon harmonieuse la flore intestinale du bébé

Il parait que les bébés non allaités n’ont pas du tout la même flore intestinale, si importante pour l’immunité

8- allaiter fournit des acides gras excellents pour le cerveau en plein développement du bébé

… et encore plus si ma man prend des omégas 3 dès la grossesse!

9- un bébé a droit à l’allaitement

désolée si je choque, mais j’ai lu des livres qui préconisait de « guérir » le stress procuré par le non allaitement… cela m’a fait réfléchir.

J’en suis arrivée à la conclusion que c’est légitime et naturel pour un nourrisson d’être allaité, le tout petit recherche instinctivement le contact le plus proche avec sa mère, il est totalement immature et recherche la douceur de la vie intra-utérine.

Il suffit d’en être consciente et si on ne peut ou ne veut pas allaiter, on peut compenser et privilégier le peau à peau, le portage en écharpe, le cododo… et en parler sincèrement avec son bébé. En revanche, je pense que c’est important d’en être consciente ainsi un bébé non allaité  souffrira nettement moins de la situation.

Ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais n’ayant pas de livres ou de produits à vendre, de consultations à assurer etc, ma liberté d’expression est totale. Je suis,sûre que beaucoup de professionnels de la petite enfance le pensent… sans le dire.

10- allaiter évite le stress engendré par un bébé qui ne finit pas ses biberons, qui doit attendre un minimum entre 2 biberons (tant pis s’il a faim), offre un merveilleux moyen de calmer un bébé en pleurs

Je suis arrivée à 10, alors j’arrête, je crois que ce sont ici les principaux avantages de l’allaitement, il y en a bien d’autres!

les mauvais arguments en faveur de l’allaitement

1- allaiter écarte les risques d’allergie

cela me fait bondir car ma fille numéro 5 a développé un eczéma sévère dès ses 2 mois et demi… pas de vaccins, allaitée à 100%, puis des allergies vers l’âge de 1 an.

En revanche, je n’ose imaginer ce qu’aurait pu donner du lait artificiel pour sa santé.

Et pour les mamans dont les enfants sont allergiques au lait de vache, que de problèmes auraient été évités avec le lait maternel!

2- allaiter augmente le QI

franchement, je trouve qu’avec ce genre d’affirmations, on fait fuir!

les mauvais arguments contre l’allaitement

Je ne développe pas ici, chaque contre argument pourrait faire l’objet d’un article à part.

– allaiter abime la poitrine

– allaiter très peu c’est inutile mais on doit reprendre le travail très vite

– allaiter cela fait mal

– impossible de voir ce que le bébé boit

– allaiter empêche de maigrir après l’accouchement

– la lait maternel est contaminé (pesticides, métaux lourds…)

– difficulté de sevrer après un allaitement long

– difficile de se renseigner (c’est vrai!)

le seul vrai argument CONTRE l’allaitement

Vous apprécierez mon honnêteté, il y a UN vrai argument contre l’allaitement, en tout cas à mes yeux: le bébé fait ses nuits beaucoup (beaucoup, beaucoup…) plus tard!

Je sais que ce n’est pas vrai dans 100% des cas, mais c’est souvent vrai.

Mes 4 premiers enfants ont fait leurs nuits (c’est à dire qu’ils dormaient sans se réveiller de 10h du soir à 8 heures du matin au moins) entre l’âge de 1 et 2 mois.

Mes 2 dernières filles ont fait leurs nuits entre 12 et 15 mois… c’est à dire qu’elles têtaient une fois entre 10 heures du soir et le matin. C’est très très dur. Je connais l’argument qui dit que la tétée provoque une montée d’hormones qui aide la maman à se rendormir… A d’autres! Même si je me rendormais bien (la tête avait lieu vers 3 ou 4 heures du matin) j’ai serré les dents en attendant que ça passe.

Je sais aussi que physiologiquement, c’est bon pour l’enfant…

Cela n’a été possible que parce que mon mari me soutenait et que j’étais aidée le matin pour la prise en charge des aînées.

Autre (petit) argument contre l’allaitement: le recours à des soutiens gorges adaptés. J’avoue, malgré mes recherches intensives sur le net, je saturais à la fin!

Commentaires sur votre expérience (sein ou biberon), bienvenus!

Merci de diffuser cet article si vous le souhaitez mais avec un petit lien vers la source!

lien vers l’article du Figaro ici

11 réflexions sur “Que dire à une copine pour la convaincre d’allaiter?

  1. Ma fille allaitée 100% a fait ses nuits à 6 ou 7 mois! 😉
    Merci pour cet article. Je trouve qu’en Allemagne la prise en charge et l’informationpar rapport à l’allaitement est géniale. Je suis d’une famille d’allaitantes (si on peut dire ca) mais pas sur le très long terme. Dès toute jeune je savais tous les bénéfices et inconvénients de l’allaitement. J’ai vu ma mère pleurer et saigner mais persister avec mon plus jeune frère. Tout naturellement j’ai voulu allaiter. Pour ma numèro 1: 9mois et demi, d’abord 5 mois de galère et d’engorgements très douloureux mais avec le support infaillible de mon mari et de ma sage-femme. Ensuite 4 mois et demi de bonheur absolu. Je suis retombée enceinte et ai très sérieusement considéré le co-allaitement. Mais mon corps en a décidé autrement et j’ai du faire le choix entre finir à l’hôpital ou sevrer brusquement ma fille. Nourrie une dernière fois la nuit, son père lui a donné du lait de vache/eau le matin (elle était déjà diversifiée) et elle n’a rien dit du tout! Un peu de tristesse pour moi, un gros soulagement pour nous tous. Elle avait du sentir que ca n’allait pas. Numéro 2 allaité 18 mois: 5 mois de mêmes galères (engorgements à répétition) puis 13 mois de bonheur. Un jour il a refusé le sein pour le goûter. Un mois plus tard il refusait le déjeuner. Nous n’avions plus que le soir, la nuit et le matin. Un jour il a refusé la nuit (mais ne faisait quand même pas ses nuits). Et puis vers 18mois il m’a fait pleuré en refusant le sein catégoriquement le matin et le soir. Il a décidé de se sevrer tout seul… j’en ai pleuré pendant trois jours. Un an plus tard j’ai toujours un peu de lait!!
    J’ai eu de la chance que cela se passe aussi bien pour les 2. J’ai voulu arrêter, cela faisait trop mal, mais j’ai insisté et finalement… d’autres n’y arrivent vraiment pas – une amie ne peut physiquement pas produire suffisament. D’autres s’entendent dire par mères et amies que leur lait n’est pas de bonne qualité, trop peu ne savent pas que c’est faux. Mes enfants sont malades, comme tous les enfants, même pendant l’allaitement, mais nous n’avons encore jamais vu d’otites par ex. Nous restons toujours aux petits états grippaux ou gros rhumes.
    Tellement de choses à dire sur l’allaitement… en public, pendant les repas, le développement du goût, la relation enfant-parent, etc.
    Je vais attendre les autres articles pour continuer ma dyatribe 😀

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    • Merci pour ce témoignage!
      Comment est on aidée en Allemagne, est ce la sage femme qui renseigne?
      Ayant souffert d’engorgements, je trouve que sans aide, cela aurait été très difficile à gérer…

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      • La sage-femme, en tout cas en Saxe, vient chez la maman dès le retour de l’hôpital et tous les jours ou presque pendant 15jours minimum. Ensuite elle reste aussi dispo que possible et accourt au moindre problème. C’est vraiment super!!

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  2. Pour convaincre une amie d’allaiter, je pense que je la préviendrais d’abord que les débuts peuvent être très douloureux et difficiles… mais que cela s’arrange.
    Autour de moi, à part une femme qui était clairement dégoutée par l’idée de donner le sein, toutes les nouvelles mamans ont essayé d’allaiter leur bébé. Mais seules quelques-unes ont persisté, car elles avaient « trop mal ».
    Moi-même j’ai beaucoup souffert à la mise en place de mon premier allaitement, et pendant 1 mois et demi je me demandais si ça allait toujours être aussi douloureux (bon, ok, quand je lis le commentaire de Fred, je me dis que finalement ça n’a pas été si long !). Et il n’y avait personne pour répondre à ma question car autour de moi, toutes les femmes qui avaient persisté m’avouaient n’avoir jamais eu très mal (sauf quelques jours à la montée de lait).
    Mais j’étais convaincue, c’était plus fort que moi, je voulais allaiter, alors je me suis accrochée.
    Et ça a payé : j’ai allaité ma fille pendant 13 mois.
    Bref, tout ça pour dire que j’ai l’impression que beaucoup de femmes voudraient bien allaiter, mais qu’elles se découragent face à la douleur, faute d’être bien informées…

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    • C’est vrai que même au 6e enfant j’ai encore été surprise de voir comme cela pouvait faire mal au début. On oublie donc vite!
      Pour moi, seul comptait d’avoir du lait er de voir mes bébés grossir!

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  3. Je viens de penser à d’autres arguments que vous pourriez mentionner: lait maternel = crème de beauté pour faire de belles joues toutes douces, crème de soin pour les fesses abimées et les zones à ecséma, antibiotique formidable à mettre dans le nez en cas de rhume (pipette et petite pompe à main utiles)… 🙂

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  4. FMOC

    J’admire… allaiter jusqu’à si tard, allaiter autant d’enfants…. je fais partie de ces mamans qui n’ont « pu » allaiter.. Pas parce que physiquement je n’y arrivais pas, mais parce que les débuts avec mes filles étaient trop durs : l’ainée ayant eu un RGO sévère, boire lui faisait mal (au sein mais aussi au biberon) sauf que du coup elle grossissait pas/peu et que l’allaitement devenait un combat mère/fille (elle se retirait tellement cela faisait mal, moi j’avais besoin de la voir manger et grossir, j’insistait). Les médecins y sont pour quelques choses, n’ayant pas vu les pleurs de mon bébé qu’autrement que comme des pleurs d’enfants qu’une mère trop jeune ne supportait pas (« mais madame, un bébé, ça pleure »). Ma grand-mère et ma mère ne supportant pas les pleurs de douleurs de ma fille après 24h passés chez elles ont dû s’en mêlé. J’avoue qu’épuisée (surtout psychologiquement) j’ai cédé au sevrage au bout de 3 mois, surtout quand après quelques jours de lait maternisé (et de médicaments), ma fille ne pleurait presque plus. Heureusement elle a toujours été vive, mais la courbe de croissance a eu raison de mon allaitement. Pour la deuxième, une préma, elle tétait mon sein, mais n’y prenait rien, n’ayant pas assez de force pour tirer le lait. J’ai tenu un mois en tirant mon lait 6 à 8 fois par jour pour l’amener en néonat, mais entre le souvenir de l’allaitement de la 1ère et le fait qu’il aurait fallut que je continue à tirer mon lait, et donc je n’aurais fait que tirer mon lait et lui donner, elle était encore bien petite, là aussi j’ai cédé à son arrivée à la maison. Je ne regrette pas pour autant, dans les deux situations, nous étions à un point où j’était plus sereine de les « voir » manger, sans pleurer et en grossissant et que finalement c’était ça l’important. Certes je ne donnais pas mon lait, mais notre relation était apaisée.
    Ceci dit, je n’ai jamais été accompagné dans l’allaitement, je n’avais pas non plus de copine mère qui aurait pu me dire « c’est normal, persiste, c’est dur, tu fais ça bien… » et j’en passe. Mes filles ont été souvent malades, c’est vrai…

    Aimé par 1 personne

    • Une chose que ma sage-femme m’a répétée bon nombre de fois: oui l’allaitement est ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation du bébé MAIS cela ne sert à rien si la maman ne va pas bien. Pour la santé générale de bébé il lui faut une mère aimante, calme et en bonne santé. Si cela signifie stopper l’allaitement et bien c’est ce qu’il y a de mieux. J’aime ma s-f^^

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      • FMOC

        oui, tellement d’accord avec ça… Et j’avoue que parfois la culpabilisation est plus facile 😉 j’aurais juste aimé qu’à ce moment là, on me le dise… plutôt que t’entendre soit les médecins dénigrer mes capacités de mère (y compris la qualité de mon lait) ou certains autres mères/copines-qui-ne-sont-pas-mères me dirent que ct mieux d’allaiter.
        Avec le recul, j’ai adopté sans qu’on me le dise une seule fois la philosophie de ta SF. Donc je suis sereine avec mes choix 😉

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